|

|
|
| |
PRESSE
Voici
des articles que j'écris régulièrement,
avec la collaboration de Danièle MIRAT.
Bonne
lecture !
|
|
Aricle paru dans "Bull &
Dogue News", N° 2, nov-dec 2007
BIEN CHOISIR
UN ELEVAGE
De nos jours, faire l’acquisition d’un chiot
peut sembler chose facile : il n’y a qu’à
voir toutes ces attendrissantes petites bouilles de bulls
et dogues qui nous font les yeux doux derrière les
vitrines des boutiques d’animaux. Hélas, on
sait que peu d’animaleries prennent soin de connaître
les conditions de développement des chiots qu’ils
proposent à la vente, et que ceux-ci, souvent nés
dans des élevages en batterie, sont de futurs candidats
aux peurs, réactivités excessives et agressivités.
Choisir un chiot dont on pourra être sûr qu’il
a de bonnes origines et qu’il se sera développé
harmonieusement n’est pas chose aisée. Alors
pour trouver le « bon » chiot, il est naturel
de choisir le « bon » élevage. Et qui
dit « bon élevage » dit « bon éleveur
» : personne passionnée par la race qu’elle
a choisie, bien sûr, mais également consciente
de l’importance du rôle qu’elle a à
jouer dans l’équilibre émotionnel de
votre futur chiot !
Tout commence avant la naissance
On prendra tout d’abord soin d’éviter
les élevages qui proposent de nombreuses races :
plus il y a d’animaux, et plus il est difficile de
leur accorder présence et soins soutenus.
Il va de soi que l’hygiène et la propreté
des locaux, ainsi que la bonne santé des chiens dans
l’élevage sont à privilégier.
On s’assurera de l’absence de tares et maladies
génétiques chez les reproducteurs (telles
que dysplasie, ataxie cérébelleuse, etc…)
Tout cela est primordial, mais n’est pas tout, car
la stabilité émotionnelle du chiot est un
critère de choix dont il faut particulièrement
s’informer. Surtout lorsque l’on a choisi pour
futur compagnon un chien de type molossoïde, qui se
devra d’être équilibré en toute
circonstance du quotidien.
La stabilité du chiot commence déjà
à se former in utero : le bon équilibre de
la génitrice et sa qualité de vie influencent
considérablement la future sensibilité de
ses petits : elle ne devra pas être soumise à
de trop nombreux stress, comme elle ne doit pas être
dans un environnement trop appauvri sur le plan sensoriel.
En effet, le chiot « baigne » dans la gamme
des émotions positives ou négatives de sa
mère et ce sont des conditions de gestation et de
mise bas paisibles qui favoriseront un meilleur développement
des petits à naître.
Un milieu stimulant pour bien grandir
Entre sa 3e et sa 8e semaine, il est primordial que le chiot
puisse, sécurisé par la présence de
sa mère et sa fratrie, exercer son comportement exploratoire
dans un monde riche et diversifié. Il se familiarise
ainsi avec des formes, des matières et des couleurs,
des sons et des odeurs et apprend à aborder les objets
tout en développant ses capacités motrices.
Certains éleveurs ont pour cela des pièces
d’éveil, où les chiots peuvent découvrir
des sols différents, des d’objets en tous genres,
et où l’on diffuse musiques et bruits de la
vie courante en fond sonore. Ainsi préparé,
le chiot aura plus tard de plus grandes facilités
d’adaptation devant toute nouveauté, qu’il
saura aborder avec curiosité et sans crainte excessive.
On comprend donc aisément qu’un chiot qui a
passé ses premiers mois de vie dans le boxe en béton
d’un élevage isolé en campagne, risque
fort d’être débordé émotionnellement
devant une vie urbaine riche en stimulations. Ce sont ces
chiots-là que l’on voit ramper en tremblant
sur les trottoirs où leurs nouveaux propriétaires
tentent de les promener, et pour certains il n’y aura
pas de rattrapage d’équilibre possible.
Pour que l’Homme devienne son meilleur ami
Durant la même période, le chiot apprend à
interagir avec les êtres vivants qui l’entourent,
chiens et humains.
Pour apprendre correctement les codes sociaux propres à
son espèce, le chiot ne doit surtout pas être
séparé de sa mère et sa fratrie au
moins jusqu’à ses 8 semaines. C’est entre
eux qu’ils apprennent à réguler leurs
comportements au cours des jeux de combats dans lesquels
la mère intervient, et l’acquisition des auto-contrôles
et notamment l’inhibition de leur morsure se fait
là. Les chiots privés de ces apprentissages
à ce moment crucial de leur vie, risquent en grandissant,
de devenir des « chiens tornades », hyper-réactifs,
mordilleurs à l’excès, incapables de
gérer leurs émotions, de communiquer et d’entretenir
des relations autres que brutales et bagarreuses avec leurs
congénères.
Durant cette même période, si le chiot est
manipulé quotidiennement et avec douceur par ses
éleveurs, il pourra alors considérer l’humain
comme une espèce amie et aura une grande tolérance
aux contacts divers. De plus il est indispensable de le
familiariser avec la diversité du genre humain et
pour cela le chiot doit pouvoir rencontrer différents
profils masculins et féminins, adultes et enfants,
toujours dans le calme et sans contrainte.
Ces rencontres précoces et bienveillantes avec diverses
morphologies humaines, conduisent le chiot à un a
priori de confiance envers les personnes nouvelles. A défaut,
le chiot craint tout inconnu et peine à s’en
approcher, et peut même se mettre plus tard à
menacer celui ou celle qui voudra le caresser ou seulement
le regarder !
Pour renforcer et parfaire ces apprentissages, le rôle
du nouveau propriétaire sera de continuer soigneusement
cette socialisation, en exposant le chiot à des situations
variées, des rencontres de congénères
et d’humains, le tout progressivement et sans forçage.
Rencontrer les éleveurs
Pour trouver l’élevage présentant toutes
les caractéristiques énumérées
et propres au développement d’un chiot équilibré,
on se doit d’en visiter plusieurs avant d’arrêter
son choix, et ne pas hésiter à poser nombre
de questions sur les points abordés plus haut. On
peut bien sûr demander à voir la mère
avec les chiots, dans l’élémentaire
respect des règles d’hygiène et de sensibilité
de certaines femelles, inquiètes des intrusions auprès
de leur nichée.
Tout bon éleveur aura à cœur de vous
faire voir et savoir le soin qu’il porte à
son travail, alors pourquoi se priver d’aller sur
place pour comparer, et pour trouver le futur petit compagnon
de plus d’une dizaine d’années de vie.
Co-rédaction
avec Danièle Mirat, Comportementaliste
|
|
|
Article paru dans "Bull &
Dogue News, N°3, janv-fév 2008
L’ACCUEIL DU CHIOT
En acquéreur responsable, vous avez fait le choix
du bon élevage qui vous a proposé un petit
bull ou un petit dogue ayant grandi auprès de sa
mère et sa fratrie, dans un milieu de vie riche
et stimulant.
Toutes les formalités d’achat passées,
vous voilà donc chez l’éleveur, bienheureux
de tenir dans vos bras l’adorable petite boule de
poils que vous allez ramener à la maison. Cependant
le petit animal va se trouver arraché brutalement
aux siens et son milieu d’élevage et c’est
pour lui un grand moment de désorientation bien
légitime. Quelques précautions sont donc
à prendre pour lui faciliter ce difficile passage
d’un mode de vie à l’autre.
Préparer le voyage
Le trajet de retour à la maison est déjà
la première épreuve à affronter pour
votre chiot, que ce soit en voiture, en bus ou en train.
Préparer ce parcours de la meilleure façon
évitera que le chien redoute plus tard toutes les
sorties autres « qu’à pattes »
qui resteraient alors associées au malaise vécu
lors de cette première expérience. Signalons
que les éleveurs ayant déjà sorti
la mère et ses petits en voiture, ont idéalement
préparé leurs chiots à circuler sans
stress à bord de tout moyen de transport.
Prévoyez plutôt d’être accompagné
d’un de vos proches qui tiendra le chiot dans ses
bras pendant un trajet en voiture. Bien calé et
rassuré, le petit animal ne risque pas d’être
ballotté sur la banquette arrière, en proie
à un malaise bien compréhensible.
Si vous comptez voyager seul (voiture, bus ou train) prévoyez
un petit panier avec une couverture ou une peluche portant
l’odeur rassurante de sa mère.
Prévoyez une laisse et un collier pour les longs
trajets et les « arrêts-pipis », qu’il
serait bien maladroit d’organiser en bordure d’une
intense circulation automobile, susceptible d’effrayer
le chiot ou provoquer un accident. Et surtout ne commencez
pas déjà à le tirer avec la laisse
! Si le chiot ne va pas dans une bonne direction, immobilisez-vous
simplement, et appelez-le d’un ton joyeux pour le
rediriger vers vous.
Pendant le trajet, le chiot peut être malade, soulevé
de vomissements ou pris de diarrhées qui révèlent
son stress. Pour minimiser ces risques, l’éleveur
prévoira de ne pas nourrir le petit animal dans
les heures qui précèderont le voyage. Et
si vous êtes accompagné de vos enfants, modérez
leur joie et interdisez tout chahut avec le chiot, qui
n’a besoin d’excitation pour être encore
plus nauséeux et mal à l’aise.
Si toutefois il est malade ou s’il a peur, banalisez
les choses et détournez le sur un jouet pour éviterez
de renforcer son malaise. Caresser un chien apeuré
ou malade, fait « évènement »
dont tout le monde a l’air de s’inquiéter
! C’est assez pour ne pas rassurer le chiot comme
on l’imaginerait pourtant.
L’arrivée à la maison
Prévoir d’accueillir votre chiot en période
de congé est idéal, car il a d’abord
grand besoin de votre présence pour prendre confiance,
pour recevoir des repas à heures régulières
et commencer l’apprentissage de la propreté.
L’amener à comprendre que vous souhaitez
qu’il se retienne, pour faire ses besoins plus tard,
et dehors plutôt que dedans, sera le premier difficile
apprentissage à lui faire faire. Et comment y parvenir
assez rapidement, sans proposer à votre chiot des
sorties nombreuses et régulières (sans attendre
les derniers vaccins, car pour lui il y a moins à
craindre les risques d’infection, que le ratage
d’une bonne initiation précoce à l’environnement
extérieur, surtout urbain).
Le quotidien du bébé bull ou dogue va être
rythmé par de fréquentes périodes
de sommeil, entrecoupées de moments d’éveil.
Ces repos de la journée, nécessaires à
la poursuite de sa croissance, doivent être respectés
par tous (soyez ferme avec les enfants sur ce point) et
prévoyez donc son couchage hors lieux de passage,
où le chiot sera assuré de trouver la tranquillité.
Et dernier point, l’éleveur a sans doute
donné des conseils pour la nourriture, qu’il
faut suivre sans apporter de changement brutal au risque
de déranger l’équilibre digestif du
chiot.
Si vous avez pensé d’avance à aménager
la maison, vous faciliterez la vie de tout le monde, car
un petit bull, un petit boule ou un petit dogue qui parcourt
les lieux qui lui sont ouverts, fait ses découvertes
par prises en gueule de tout ce qu’il ne connaît
pas encore.
Il s’agit bien sûr que la famille s’accorde
sur les pièces autorisées ou non au chiot,
et de penser à mettre hors de portée tout
ce qu’il pourrait mordiller : fils électriques,
chaussures, vêtements, bibelots, livres, jouets
d’enfants, mais aussi plantes vertes qui peuvent
être toxiques tout comme les produits ménager.
Ces quelques précautions éviteront de pister
anxieusement le chiot et de lui asséner des interdits
incessants.
Autre accord familial : celui de ne pas encourager involontairement
les sauts et mordillages du petit animal. Il y a tant
de manières de ne pas renforcer maladroitement
un comportement que l’on voudra ensuite réprimer
quand le chiot grandira. On peut par exemple simplement
soustraire ses mains s’il mordille et adroitement
esquiver ses pattes avant quand il saute. Détourner
alors l’attention du chiot sur un lancer de jouet
et voilà encore une fois l’économie
de multiples « NON ! » qui ont plutôt
pour effet d’alimenter ces comportements.
Les premières nuits peuvent être difficiles
et le chiot pourrait vous déranger par des pleurs,
révélateurs de sa détresse.
Vous pouvez atténuer le désarroi d’un
chiot acquis très jeune (à l’âge
de 2 mois) en le faisant dormir près de vous dans
la chambre, mais dans son panier et pas dans votre lit.
N'être pas isolé le rassure, il peut dormir
(vous aussi! de plus quand un chiot dort la nuit, il est
propre) au lieu de gémir, hurler, déambuler
et faire ses besoins un partout.
Cette situation doit être provisoire, car pour le
futur bon équilibre du chiot, il faudra reculer
progressivement le panier hors de la chambre. Pour un
chiot acquis plus âgé (3 mois ou plus) on
peut ne le garder que quelques jours dans la chambre,
le temps qu'il ait un peu évacué le stress
de son "déménagement", et pris
confiance.
Ces quelques précautions instaurent un climat de
confiance entre le jeune animal et sa nouvelle famille,
pour faciliter tous les futurs apprentissages.
|
|
|
|